Assurer une voiture électrique coûte aujourd’hui plus cher qu’un modèle essence dans la plupart des cas. Le panel de devis Assurland portant sur l’année 2025, publié début 2026, affiche une prime moyenne de 818 € pour un véhicule électrique contre 753 € pour un véhicule essence, soit un écart d’environ 8,6 %. Cette inversion par rapport aux années précédentes surprend beaucoup d’automobilistes qui associent encore l’électrique à des économies sur toute la ligne.
Pourquoi ce retournement ? Et surtout, est-ce que cette différence de prime rend l’électrique réellement plus coûteuse au quotidien ? La réponse dépend de plusieurs mécanismes que les comparateurs en ligne détaillent rarement.
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Coût des sinistres sur un véhicule électrique : ce qui pèse au-delà de la batterie
La batterie est souvent citée comme le principal facteur de surcoût. C’est vrai, mais ce n’est pas le seul. Une étude publiée par France Assureurs en novembre 2025, portant sur près de deux millions de véhicules, montre que les sinistres électriques coûtent davantage à indemniser même hors batterie.
L’écart est particulièrement marqué sur les garanties dommages et le bris de glace. Concrètement, un simple impact sur le pare-brise d’une voiture électrique revient plus cher à réparer. La raison : les systèmes d’aide à la conduite (caméras, capteurs LiDAR) sont intégrés directement dans le pare-brise ou les optiques de phare.
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Remplacer un phare classique sur une citadine essence coûte une fraction du prix d’un phare bardé de capteurs sur son équivalent électrique. France Assureurs confirme que ces éléments périphériques, pare-brise et optiques, sont en moyenne plus onéreux à remplacer sur les modèles électriques.
Autrement dit, un accrochage mineur peut déclencher une facture élevée à cause de composants technologiques qui n’existent pas sur un véhicule thermique équivalent.

Batterie irréparable : le risque de perte totale du véhicule
Vous avez déjà remarqué que certains véhicules accidentés sont déclarés « économiquement irréparables » alors que la carrosserie semble à peine touchée ? Sur une voiture électrique, ce scénario arrive plus fréquemment, et la batterie en est la cause directe.
Selon une analyse publiée par Automobile Magazine en septembre 2026, citant France Assureurs, seule une partie des constructeurs permet une réparation localisée des batteries. Quand un choc endommage un module précis du pack batterie, certains constructeurs imposent le remplacement complet. Le coût peut alors dépasser la valeur résiduelle du véhicule.
Ce point pèse lourd dans le calcul des assureurs. Un risque de perte totale plus élevé se traduit mécaniquement par une prime plus élevée, quel que soit le profil du conducteur.
Réparabilité : un critère à vérifier avant l’achat
Avant de choisir un modèle, il est utile de vérifier si le constructeur autorise la réparation modulaire de la batterie. Cette information, rarement mise en avant dans les brochures commerciales, influence directement le montant de votre assurance.
Un véhicule dont la batterie est conçue pour être réparée module par module présente un risque financier moindre pour l’assureur. La prime s’en ressent.
Fiscalité de l’assurance auto électrique : la fin d’un avantage
Pendant plusieurs années, les véhicules électriques bénéficiaient d’un régime fiscal favorable sur leur contrat d’assurance. La taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) était réduite, ce qui diminuait mécaniquement la prime finale.
Cet avantage fiscal a été progressivement supprimé. La TSCA appliquée aux contrats d’assurance de véhicules électriques se rapproche désormais de celle des véhicules thermiques. Pour le conducteur, cela se traduit par une hausse de prime sans que la couverture ait changé.
En 2023, la prime moyenne annuelle tournait autour de 560 € pour une voiture électrique contre 645 € pour un véhicule thermique. L’écart s’est inversé en deux ans. La fin de l’exonération fiscale explique une part significative de ce basculement.

Fourchettes de prix selon la formule et le type de véhicule
Le montant de la prime varie fortement selon la formule choisie et le modèle assuré. Voici les ordres de grandeur observés sur le marché en 2025 pour quelques modèles électriques courants :
| Formule | Citadine électrique (type Peugeot e-208) | SUV électrique (type Tesla Model Y) |
|---|---|---|
| Tiers | Environ 15 €/mois | Environ 25 €/mois |
| Tiers étendu | Environ 21 €/mois | Environ 35 €/mois |
| Tous risques | Environ 30 €/mois | Environ 50 €/mois |
Sur un modèle essence de gamme comparable, la formule tous risques revient généralement moins cher de quelques euros par mois. L’écart se creuse surtout sur les SUV et berlines électriques haut de gamme, où la valeur de la batterie alourdit le calcul.
Tiers ou tous risques pour une voiture électrique ?
Sur un véhicule thermique ancien, l’assurance au tiers suffit souvent. Sur une voiture électrique, le raisonnement change. La batterie représente une part majeure de la valeur du véhicule. Une formule au tiers ne couvre ni les dommages à la batterie ni le vol, ce qui expose le propriétaire à un risque financier très élevé en cas de sinistre.
Pour un véhicule électrique récent, la formule tous risques ou au minimum tiers étendu avec garantie dommages est généralement plus adaptée, même si elle coûte plus cher chaque mois.
Critères qui font varier la prime d’assurance auto électrique
Plusieurs facteurs influencent le montant final de la cotisation. Certains sont identiques à ceux d’un véhicule thermique, d’autres sont spécifiques à l’électrique.
- Le modèle et la valeur à neuf du véhicule : plus la voiture est chère, plus la prime augmente, et les électriques affichent souvent un prix catalogue supérieur à leur équivalent essence
- La réparabilité de la batterie : un pack modulaire réduit le risque de perte totale et peut faire baisser la cotisation
- Le kilométrage annuel : les conducteurs de véhicules électriques roulent souvent moins loin (trajets urbains et périurbains), ce qui peut jouer en leur faveur auprès de certains assureurs
- Le lieu de stationnement : un garage fermé rassure l’assureur, d’autant plus que les véhicules électriques nécessitent parfois des conditions de stockage spécifiques
- Le coefficient de bonus-malus : il fonctionne exactement comme pour un véhicule thermique, sans particularité
Un conducteur expérimenté avec un bon bonus, roulant peu et garant son véhicule dans un garage, peut obtenir une prime d’assurance électrique inférieure à celle d’un conducteur essence au profil plus risqué. Le profil du conducteur pèse autant que le type de motorisation.
Pièges à éviter quand on assure une voiture électrique
Le premier piège est de choisir une formule au tiers pour réduire la prime mensuelle. L’économie apparente de quelques euros par mois peut se transformer en catastrophe financière si la batterie est endommagée lors d’un accident responsable.
Le deuxième piège concerne la garantie valeur à neuf. Sur un véhicule électrique dont la décote est rapide les premières années, vérifiez la durée de la garantie valeur à neuf dans votre contrat. Certains contrats la limitent à 12 mois, d’autres vont jusqu’à 36 mois. La différence d’indemnisation en cas de perte totale peut atteindre plusieurs milliers d’euros.
Troisième point : les exclusions liées à la recharge. Certains contrats excluent les dommages survenus pendant une recharge sur une borne non conforme. Lisez les conditions particulières avant de signer.
- Vérifiez que la batterie est explicitement couverte par la garantie dommages, y compris en cas de choc sous le châssis
- Contrôlez la clause de vétusté appliquée à la batterie : certains assureurs appliquent une décote annuelle plus agressive que sur le reste du véhicule
- Demandez si le contrat couvre l’assistance en cas de panne de batterie (remorquage vers une borne ou un centre agréé)

Assurance voiture électrique : plus chère à la prime, pas forcément au total
La prime d’assurance d’une voiture électrique dépasse aujourd’hui celle d’un modèle essence comparable dans la majorité des cas. Mais cette comparaison isolée ne reflète qu’une partie du coût réel de possession.
L’entretien d’un véhicule électrique reste moins coûteux (pas de vidange, pas de courroie de distribution, plaquettes de frein moins sollicitées grâce au freinage régénératif). Le coût de l’énergie au kilomètre reste inférieur à celui de l’essence. Le surcoût d’assurance peut être compensé par des économies sur d’autres postes.
La question n’est donc pas seulement « l’assurance est-elle plus chère ? » mais plutôt « mon budget auto global sera-t-il plus élevé ? ». Pour beaucoup de profils, la réponse reste non, malgré une prime d’assurance supérieure.
Pour savoir précisément ce que vous coûterait l’assurance de votre véhicule électrique (ou essence), le formulaire ci-dessous vous permet de recevoir une estimation personnalisée. Il suffit de le remplir : un professionnel vous rappelle pour affiner le devis en fonction de votre situation exacte.